Des bassins aux dragons pour le palais de l’impératrice Cixi
Placée sous le signe de la Chine éternelle, cette dispersion était l’occasion d’admirer thèmes et couleurs des porcelaines destinées aux palais des derniers représentants de la dynastie Qing.
Le vendredi 29 mai 2026, Thierry-Lannon & Associés organisait à Brest une vente consacrée notamment aux arts d’Asie. Le cabinet Ansas Papillon de Léry en assurait l’expertise. Plusieurs porcelaines chinoises y figuraient. Or certaines provenaient des palais de la Cité interdite occupés par l’impératrice douairière Cixi. Ces pièces datent de la fin de la dynastie Qing. Une paire de bassins aux dragons a ainsi atteint 44 100 €.

Chine, époque Qing, règne de Guangxu (1875-1908). Paire de bassins en porcelaine émaillée jaune, à décor incisé et émaillé en brun, vert et blanc, marque « Chu Xiu Gong Zhi » en bleu sous couverte au revers, diam. 47 cm.
Une paire de bassins impériaux de l’époque Guangxu
Ces deux bassins en porcelaine mesurent 47 cm de diamètre. Ils datent du règne de Guangxu (1875-1908). Leur fond émaillé de jaune évoque d’abord la famille impériale. Deux dragons y poursuivent la perle sacrée parmi les nuages et les flammes stylisées. Le décor incisé est émaillé de brun, de vert et de blanc. De plus, six autres dragons ornent l’aile de chaque bassin. Le musée du Palais, à Pékin, conserve d’ailleurs des bassins au décor identique. Enfin, ils proviennent de l’ancienne collection Andlauer.
La marque du palais Chuxiu
Au revers, une marque en bleu sous couverte indique « Chu Xiu Gong Zhi ». Elle signifie « fait pour le palais Chuxiu ». Ce palais compte parmi les palais intérieurs de la Cité interdite. Les impératrices et les concubines y résident. L’impératrice Cixi y habite elle aussi, notamment pour son cinquantième anniversaire, en 1884. C’est pourquoi les porcelaines marquées de ce palais intéressent particulièrement les collectionneurs.
Des vases en grisaille pour le palais Changchun
La vente proposait aussi une paire de vases de même provenance et de même époque. Ces vases balustres à long col mesurent 24 cm de haut. Leur décor d’oiseaux et de fleurs est émaillé en grisaille. Par ailleurs, ils portent une marque à quatre caractères, « Yongqing changchun ». Elle renvoie au palais Changchun, dans la partie ouest de la Cité interdite. Cixi y réside avant la majorité de l’empereur. Les deux vases ont finalement atteint 21 420 €.
Un pot doucai de l’époque Kangxi
Plus ancien, un pot globulaire couvert date de l’époque Kangxi (1662-1722). Il mesure 8,5 cm de haut. Son décor de lotus parmi des rinceaux utilise les émaux doucai. On le retrouve d’ailleurs sur le couvercle. Au revers figure la marque Kangxi, en écriture régulière kaishu. Ce petit pot a atteint 26 460 €. Pour en savoir plus sur cette technique, lisez notre article Émaux doucai : histoire et secrets de la porcelaine chinoise.
Lire une marque impériale
Une marque de palais ou de règne ne suffit pas à authentifier une porcelaine. En effet, de nombreuses marques ont été reproduites sur des pièces plus tardives. L’expert vérifie donc la concordance entre plusieurs éléments. Il examine d’abord la marque, puis la qualité de la pâte et des émaux. Ensuite, il étudie le décor et la provenance. Seule cette concordance permet une attribution solide. Notre guide Comment expertiser une porcelaine asiatique détaille cette démarche.
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Article source : « Des bassins aux dragons pour la Cité interdite », Philippe Dufour, La Gazette Drouot, 11 juin 2026.
BREST, VENDREDI 29 MAI 2026. THIERRY – LANNON & ASSOCIÉS OVV. CABINET ANSAS PAPILLON & DE LÉRY