Et maintenant, Bien Hoa : la céramique vietnamienne prend son envol
Les céramiques dites « bleu de Hué » – produites en Chine pour la cour impériale vietnamienne – continuant de surfer sur des enchères records, les amateurs s’intéressent désormais à celles, plus populaires, sorties des fours vietnamiens de Bien Hoa. Il en était ainsi pour ce grand vase balustre en…
Les porcelaines « bleu de Hué » enchaînent les records depuis plusieurs années. Pourtant, ces pièces chinoises, faites pour la cour impériale du Vietnam, deviennent rares et coûteuses. C’est pourquoi les collectionneurs se tournent désormais vers une céramique plus populaire, née au Vietnam : celle de Bien Hoa. Le vendredi 19 avril 2024, Gros & Delettrez en a donné un bel exemple à Drouot. Le cabinet Ansas Papillon de Léry en assurait l’expertise.

Un grand vase balustre à décor de lotus
Ce vase en grès adopte une forme balustre. Il mesure 68 cm de haut. Son décor montre des fleurs et des feuilles de lotus. De plus, des têtes de chimères en relief animent sa panse. Le vase était estimé entre 200 et 400 €. Pourtant, il a finalement atteint 5 850 €, soit près de quinze fois son estimation haute.
L’école de Bien Hoa, un foyer de création au sud du Vietnam
Bien Hoa se trouve près de Saïgon, l’actuelle Hô-Chi-Minh-Ville. Au début du XXe siècle, les autorités françaises y fondent une école d’art. Celle-ci forme d’abord des artisans aux métiers du métal et du bois. Puis, à partir des années 1920, une section de céramique s’y développe. Les ateliers associent alors les techniques locales et les influences de l’Art déco. Ainsi naît un style original, à la fois vietnamien et moderne.
Des émaux reconnaissables
Les céramiques de Bien Hoa se distinguent d’abord par leurs émaux. Le vert, le brun et le bleu y dominent, souvent en coulures profondes. Ensuite, les artisans gravent ou modèlent les décors en relief. On y retrouve notamment des fleurs de lotus, des dragons et des scènes de la vie quotidienne. Enfin, les formes vont du petit pot aux grands vases d’apparat.
Une cote en pleine progression
Pendant longtemps, le marché a négligé ces céramiques jugées décoratives. Cependant, l’essor de l’art vietnamien a changé le regard des collectionneurs. Les grands vases bien conservés profitent tout particulièrement de cet engouement. Par ailleurs, une estimation prudente attire souvent de nombreux enchérisseurs. Ce résultat de 5 850 € confirme donc l’intérêt croissant pour Bien Hoa.
Pour découvrir les porcelaines de la cour de Hué, lisez notre article Le jeu de la perle et du dragon. Vous possédez une céramique de Bien Hoa ou un objet d’art du Vietnam ? Demandez une estimation gratuite en ligne.
Article source : « Et maintenant, Bien Hoa », Anne Doridou-Heim, La Gazette Drouot, 25 avril 2024.