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Kim Whanki : Pionnier de l’art abstrait coréen

Écrit par Marion Oliviero le 28 mars 2019

Kim Whanki, parfois appelé « Suhwa » signifiant « conversant avec les arbres », est l’un des pionniers de l’art abstrait en Corée.

Son art est en constante évolution et se divise en plusieurs périodes, marquées par ses pérégrinations au Japon, en Corée du Sud, à Paris et à New-York.

Né le 27 février 1913, dans une famille aisée de fermiers, Kim Whanki a grandi dans un environnement confortable. Il est le seul garçon dans une famille de quatre enfants.

A l’âge de 19 ans, il part pour le Japon, à Tokyo, et fréquente le collège de Nishikishiro, d’où il sort diplômé l’année suivante. Il poursuit ses études au Collège des Arts de l’Université Nihon entre 1933 et 1936.

Cette période au Japon affirme en lui son identité en tant qu’artiste abstrait. L’influence de ses premières œuvres sont aussi bien occidentales (Fernand Léger, Kasimir Malévich) qu’extrême-orientales, avec Togo Seiji, qui est l’un de ses professeurs à Tokyo, récemment revenu de France en 1928.

En 1936, son œuvre « Commemoration of Room 25 » est sélectionné pour la 23ème exposition Nikakai (Society of Progressive Japanese Artists). Il expose également à la galerie Nine parmi des travaux de Togo Seiji, Yamaguchi Takeo, Saito Yoshihige et Yamamoto Keiho.

Au cours de la même année, Kim Whanki présente sa première exposition solo à la Galerie Amagi de Tokyo.

Au contact de Togo Seiji et Tsuguharu Foujita, il est influencé par le cubisme et le futurisme, retenant les formes simplifiées des cubistes, et expérimentant un mélange entre les formes occidentales et le lyrisme local pour créer un état d’esprit unique. Ses œuvres de 1937 et 1938 sont connues pour montrer le tournant clair vers l’abstraction avec des compositions alliant des formes géométriques, et la répétition de formes circulaires et oblongues avec des carrés se superposant ou créant des intersections.

Il quitte Tokyo en 1937 et rentre en Corée du Sud. Il fréquente alors les cercles littéraires coréens, et s’intéresse de plus en plus à l’art traditionnel de Corée. Il développe une passion pour les céramiques blanches de la période Choson. Il commence à utiliser ces objets dans ses peintures auxquelles il accède grâce à ses contacts avec les antiquaires. Il est introduit à différents types de céramique et aime les observer et en parler longuement.

Durant la guerre de Corée, le gouvernement coréen s’installe à Busan dans le sud du pays. Kim Whanki doit quitter Séoul et rejoint un camp de réfugiés où il reste pendant trois ans entre 1951 et 1953. Il sert à cette occasion dans le corps des peintres de la Marine. Ces années sont particulièrement dures à vivre pour lui. D’après son épouse, Kim Hyang-an, il est empreint d’une profonde colère et développe un goût pour la boisson, tandis qu’il continue à peindre.

Kim Whanki retourne à Séoul en 1953. Son obsession pour les jarres Choson reprend de plus belle. Il dessine des jarres encore et encore. Ses œuvres comme « Jar and Poetry », « White Jar and Woman », « Jar » et « Jar and Plum Blossoms », illustrent bien cette période.

Il expose entre autres à la galerie USIS, et est élu membre de l’Académie de Corée.

En 1956, Kim Whanki part pour Paris. D’après son journal, il s’agit ici d’un voyage prévu de longue date. Dés 1954, de nombreux artistes coréens font le voyage vers Paris, pour se plonger dans la capitale mondiale de l’art moderne. Parmi eux, Nam Kwan, Kim Heun-su et Kim Chongha. Beaucoup d’artistes voient leurs œuvres changer dès leurs arrivées. Mais Kim Whanki reste constant et continue de peindre des motifs de jarres, d’oiseaux, montagnes, cerfs et fleurs de prunus. Il désire peindre des objets que seul un peintre coréen pourrait exprimer et retranscrire.

Il crée des natures mortes, mais également des paysages abstraits. Kim Whanki réduit les formes à l’essentiel. C’est lors de son séjour à Paris, qu’il commence à favoriser le bleu, couleur qui a un sens pour beaucoup d’artistes modernes, avec pour chacune nuance une symbolique particulière. Pour Kim Whanki, cela lui rappelle le bleu du ciel de Corée.

Il profite de son séjour à Paris pour visiter de nombreuses expositions, dont celles de Pablo Picasso, Georges Braques et Henri Matisse. Kim Whanki acquiert alors une meilleure compréhension de la texture, via l’influence de Georges Rouault et des artistes « Informels » tels que, Bernard Buffet.

Il rentre en Corée en 1959, et se concentre sur l’enseignement. Il devient également le président de la « Korean Art Association ».

Son travail tend vers d’avantage d’abstraction, réduisant les formes de plus en plus. Mais il conserve ses sujets comme la lune, les oiseaux et les montagnes, résultant de son approche poétique.

Kim Whanki s’envole en 1963 pour l’Amérique du Sud. Il participe à la 7ème Biennale de Sao Paulo, où la Corée et ses artistes exposent pour la première fois. Au lieu de repartir pour la Corée, il rejoint New-York et s’y établit. Les débuts sont difficiles, mais avec le soutien de la Fondation Rockfeller, il parvient à se concentrer sur son art.

Les nouvelles tendances comme le Néo-Dada ou le Pop Art émergent. Imprégné de traditions et de la sensibilité poétiques de l’art abstrait européen, Kim Whanki trouve alors l’art américain extrêmement léger et commercial.

Sa période à New-York peut être divisé en deux périodes : celle où il continue de peindre des formes figuratives, et celle où les lignes et les points sont les principaux sujets. Beaucoup de ses productions sont sans titre, ou bien ne comportent que les dates de leur création.

L’apogée de sa carrière intervient entre 1970 et 1974. Ses œuvres sont alors recouvertes de points alignés verticalement et horizontalement, à partir d’une technique de teinture de la toile, revenant à la sensibilité des peintures traditionnelles asiatiques à l’encre et couleurs, après des années de peintures à l’huile aux influences européennes. Sa palette de bleu s’enrichie, et il recherche le mouvement, en jouant avec les lignes de points. Sa réalisation la plus célèbre de cette période est « Where, How Shall We Meet Again ? », qui obtient le Grand Prix à la Korean Art Grand Prix Exhibition en 1970.

Après 1970, il devient plus confiant dans son travail et ses expositions reçoivent de l’attention des plus importants critiques. Ses œuvres deviennent plus monumentales, mais il n’en oublie pas pour autant l’exactitude et la sensibilité des petits formats, ni de ses premières œuvres.

Il s’éteint à New-York, en 1974, laissant derrière lui une production artistique cherchant à questionner comment l’identité asiatique peut s’exprimer à travers des techniques et des peintures occidentales. Ses dernières créations illustrent sa volonté de réduire l’immense échelle de la nature et la complexité des histoires humaines à la plus petite des unités scientifiques qu’est le point.

En 1992, le musée Whanki ouvre ses portes à Séoul et propose aux visiteurs des expositions sur l’œuvre du pionnier de l’art abstrait coréen.

Nous avons eu l’immense plaisir de découvrir cette peinture de l’artiste, qui sera présentée aux enchères le 12 Avril 2019, sous le marteau de Jérôme de Colonges, commissaire-priseur de Primardéco, à Toulouse.

 Huile sur toile, signée en bas à gauche

« Untitled », Huile sur toile, signée en bas à gauche, Dim. 48 x 30 cm

Provenance : Collection française depuis 1958.

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L’Asie, ça se cultive – De janvier à juin 2019

Écrit par Marion Oliviero le 19 février 2019

Cette nouvelle année, sous l’égide du cochon de terre, s’annonce pleine de richesses pour les amateurs d’art asiatiques, en France, en Europe et dans le monde. Avec notamment le Musée Guimet qui accueille, jusqu’au 18 Mars, trois exceptionnelles sculptures japonaises venues tout droit du Temple du Kofukuji à Nara ; ou pour les amateurs d’art plus contemporain, une exposition à la Maison de la Culture du Japon dédiée au plus français des artistes japonais : Foujita.

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